Gratification stage 2025 : tout ce qu’il faut savoir sur la rémunération des stagiaires

4,35 euros de l’heure, tarif plancher pour un stage en 2025. C’est limpide, sans appel. Moins que ça, la sanction tombe : tout organisme qui accueille un stagiaire sur le sol français est tenu de respecter la règle, peu importe l’intitulé du contrat ou la notoriété affichée par l’employeur.

Cette somme minimale, actualisée chaque année, apparaît dans chaque convention de stage. Impossible d’y échapper : à partir de deux mois de présence, ce montant devient la référence. Certes, certaines entreprises, via des accords collectifs, proposent davantage. Mais la base, elle, ne varie pas. Nul n’est censé y déroger, contrat étranger ou clause exotique ne valent rien face à la loi française.

Trois acteurs sont au cœur du dispositif : le stagiaire, l’entreprise d’accueil et l’organisme de formation. Ils s’engagent ensemble, en signant la convention de stage. Dès que le seuil de deux mois (44 jours ou 308 heures de présence effective) est dépassé, la gratification doit y figurer, claire et non négociable.

Un stagiaire n’est pas un salarié. Pas de place dans les effectifs, mais tout de même quelques avantages : accès éventuel aux tickets-restaurant, remboursement d’une partie du trajet domicile-travail, accès au comité social et économique (CSE) quand il existe, et droits à congé en cas de maternité, paternité ou adoption. Les semaines s’organisent autour de 35 heures, sauf exception inscrite noir sur blanc dans la convention.

Quant au nombre de stagiaires possibles en simultané, la loi encadre aussi. Pour les structures de moins de 20 salariés, la limite est fixée à trois stagiaires à la fois. Au-delà, cela représente au maximum 15 % de l’effectif global. Une même mission ne pourra pas être pourvue immédiatement après un stage : il faut observer un délai, égal au tiers de la durée du précédent stage, avant d’installer un nouveau stagiaire sur ce même poste.

Autre garde-fou : la durée maximale autorisée ne dépasse pas six mois chez un même organisme et sur une même année scolaire. Les absences validées par la loi ou par la convention sont intégrées dans le décompte, contrairement aux jours fériés qui échappent à ce calcul. Toute entorse expose l’entreprise à des mesures bien réelles.

Gratification des stagiaires en 2025 : montants et fonctionnement

Dès que le cap des deux mois (soit 44 jours ou 308 heures) est franchi, la gratification s’applique. En 2025, elle grimpe à 4,35 € l’heure, ce qui représente 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale (29 €). Impossible d’y couper : tout stage qui dépasse ce seuil doit prendre en compte la totalité des heures réellement effectuées.

Le versement se fait au mois. Deux options sont prévues : application stricte selon les heures de présence, ou calcul sur la base d’une moyenne inscrite dans la convention. Ce système fait la part des choses en cas d’absences pour maladie, congés autorisés ou impératifs universitaires. Les jours fériés non travaillés, quant à eux, ne sont pas inclus dans le calcul.

Le minimum imposé par la loi n’empêche pas les entreprises de faire preuve de générosité. Certaines choisissent d’aller plus loin. Pour les stages inférieurs à deux mois, rien n’oblige à verser quoi que ce soit, mais quelques employeurs font un geste pour valoriser l’engagement du stagiaire.

Pour récapituler, voici ce qu’il faut retenir pour chaque situation :

  • Si le stage dure 2 mois ou moins : aucune obligation, la gratification est laissée à la discrétion de l’employeur
  • Si le stage dépasse 2 mois (44 jours ou 308 heures) : 4,35 € l’heure minimum, soit près de 660 € mensuels à temps plein

En pratique, ce sont la durée et l’assiduité du stagiaire qui ouvrent le droit à cette rémunération. Ce dispositif vise très concrètement à reconnaître l’investissement des étudiants en entreprise.

Gratification minimale, exonérations et régimes spécifiques en 2025

Le système en 2025 prévoit des règles spécifiques en matière de cotisations sociales. Jusqu’à 4,35 € par heure, ni l’entreprise ni le stagiaire n’ont de charges à payer : on parle ici de franchise de cotisations. Dépasser ce plafond entraîne des prélèvements sur la partie excédentaire (CSG, CRDS, contribution solidarité autonomie, etc.), la partie jusqu’au seuil restant nette pour le stagiaire.

Toute entreprise doit déclarer le stage via la Déclaration Sociale Nominative (DSN), même sans franchir le plafond. Si la rémunération excède le seuil, la remise d’un bulletin de paie devient alors obligatoire. Précision pour les stagiaires : le minimum légal ne donne pas droit à la validation de trimestres pour la retraite, néanmoins l’étudiant reste affilié à la Sécurité sociale.

Côté fiscal, tant que la somme totale ne dépasse pas le SMIC annuel (21 621,60 € en 2025), la gratification reste hors du champ de l’impôt. Ce montant n’est pas retenu dans le calcul de la prime d’activité, ni dans celui des aides au logement de la CAF. Un coup de pouce apprécié, en période d’études où chaque euro pèse dans le quotidien.

Lors d’un accident du travail, la cotisation afférente jusqu’au plafond légal incombe à l’établissement d’enseignement, tandis que la part au-delà reste à la charge de l’entreprise. Ce partage illustre la différence nette entre le statut de stagiaire et celui de salarié, tout en assurant aux étudiants une protection pleinement adaptée.

Jeune homme serrant la main d

Contrôler ses droits de stagiaire : vérifications et réflexes utiles en 2025

En entreprise, les droits qui s’appliquent restent souvent méconnus. La base : une convention tripartite signée entre le stagiaire, sa formation et l’organisme d’accueil. Ce document doit répertorier précisément le montant de la gratification, la durée, les horaires et les éventuels avantages. Prendre le temps de tout vérifier, de l’identité du tuteur à la description des missions en passant par la fréquence des versements, permet d’éviter bien des désagréments.

Dès l’arrivée, plusieurs bénéfices peuvent s’activer : tickets-restaurants si l’entreprise en offre, remboursement d’au moins 50 % du titre de transport sur le trajet maison-travail, accès au CSE, à la cantine ou à d’autres services internes. Sur la couverture sociale, le stagiaire reste protégé par la Sécurité sociale étudiante ou le régime général. En cas de pépin, la déclaration d’accident doit être transmise sans tarder à l’établissement de formation.

Quelques points de vigilance principaux : contrôler la régularité des versements chaque mois, vérifier l’intégration correcte des absences autorisées, s’assurer du respect de la limite de 35 heures par semaine. Si une question ou un doute subsiste, la première démarche consiste à en discuter avec son tuteur, le service RH ou la formation. Si la situation bloque ou tourne au dialogue de sourds, des relais existent, inspection du travail, syndicats étudiants, pour garantir vos droits.

Stagiaire en devenir ou engagé sur le terrain, il reste une règle cardinale pour 2025 : chaque heure, chaque euro compte. Plus personne n’a à accepter de stage non déclaré ou sous-rémunéré ; la loi a changé la donne. Reste à chacun, désormais, de faire vivre ces nouveaux standards.

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