Certains salariés en CDI, pourtant en poste depuis des années, découvrent qu’ils n’entrent pas dans les critères d’accès au financement Fongecif à cause de règles d’ancienneté précises ou de spécificités liées à la taille de leur entreprise. Les intérimaires et les CDD disposent, quant à eux, de conditions particulières, souvent méconnues, pour accéder à ce dispositif.
Le parcours administratif impose plusieurs étapes distinctes, de la demande d’autorisation d’absence à la constitution du dossier, chacune assortie de délais stricts et de pièces justificatives obligatoires. Les différences entre CIF, CPF et CPIR ajoutent une complexité supplémentaire, pourtant déterminante dans la réussite d’une transition professionnelle.
Comprendre le Fongecif et son évolution dans la transition professionnelle
Le Fongecif a longtemps été le pilier de la transition professionnelle en France, mais la loi « liberté de choisir son avenir professionnel » de 2019 a redistribué les cartes. Depuis cette réforme, le congé individuel de formation (CIF) n’est plus géré par le Fongecif, mais par les commissions paritaires interprofessionnelles régionales (CPIR), aussi connues sous le nom de « Transitions Pro ».
Avant 2019, chaque organisme Fongecif régional accompagnait les salariés désireux de changer de métier ou d’évoluer, en instruisant leurs dossiers de formation professionnelle longue. Le financement, la sélection et le suivi des projets reposaient sur des commissions composées de salariés et d’employeurs, garantissant un équilibre dans les décisions.
Désormais, le projet de transition professionnelle (PTP) a pris le relais du CIF. Ce dispositif conserve l’esprit initial : accompagner les salariés, en CDI ou en CDD, vers une formation qualifiante et une nouvelle orientation professionnelle. Pour cela, il faut s’adresser à la commission paritaire interprofessionnelle de sa région, qui analyse la demande et propose un accompagnement dédié. La logique qui prévaut : offrir à chacun un accès équitable à la formation, dans la transparence et le dialogue social.
Ce changement de cap est salué par de nombreux acteurs de la formation. Les commissions régionales sont en mesure de s’adapter aux réalités des territoires et aux besoins des différents secteurs professionnels. La mutation du Fongecif vers les CPIR marque ainsi la volonté de moderniser le système, tout en gardant l’objectif initial : donner aux salariés les moyens de construire leur avenir professionnel.
Qui peut bénéficier d’un accompagnement pour changer de métier ?
Changer de métier n’est jamais anodin. Pour bénéficier d’un accompagnement, il faut d’abord vérifier son statut. Le salarié du secteur privé reste la cible principale du Fongecif et, aujourd’hui, des commissions paritaires interprofessionnelles régionales. Que l’on soit en CDI ou en CDD, il existe des règles d’ancienneté à respecter : pour un CDI, il faut justifier de vingt-quatre mois d’expérience, dont au moins douze dans la même entreprise ; pour un CDD, vingt-quatre mois d’activité sur les cinq dernières années, dont quatre mois au cours de la dernière année.
Les projets de reconversion professionnelle concernent aussi bien ceux qui veulent changer de branche que ceux qui visent une mobilité interne. Plusieurs points sont à examiner : avoir un projet professionnel solide, choisir un parcours de formation pertinent et vérifier la faisabilité du retour à l’emploi. Il reste aussi à obtenir l’autorisation d’absence de l’employeur pour suivre la formation, sauf si le contrat est déjà arrivé à terme.
Voici les principales situations rencontrées selon le contrat de travail :
- Salaries en CDI : ancienneté exigée, projet de formation validé, accord de l’employeur sur l’absence.
- Salaries en CDD : conditions d’ancienneté spécifiques, dossier à déposer à la fin du contrat.
La question du reconversion professionnelle financement dépend de la qualité du dossier et des enveloppes disponibles. Les commissions examinent les projets en tenant compte de priorités régionales et sectorielles. Le chemin reste sélectif : il faut prouver la cohérence du projet, la pertinence de la formation choisie et la motivation pour aboutir.
CIF, CPF, CPIR : quelles différences pour votre projet de formation ?
Le paysage de la formation professionnelle a été bouleversé ces dernières années. Plusieurs dispositifs coexistent et il n’est pas simple de s’y retrouver. Le congé individuel de formation (CIF), longtemps géré par le Fongecif, donnait la possibilité à un salarié de s’absenter de son poste pour suivre une formation longue tout en conservant une rémunération. Depuis 2018, la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a tiré un trait sur le CIF. Il a été remplacé par le projet de transition professionnelle (PTP) : même principe, mais avec un fonctionnement actualisé, un examen du projet par les commissions paritaires interprofessionnelles régionales (CPIR) et, selon la situation, un maintien partiel du salaire.
Le compte personnel de formation (CPF) a introduit une toute nouvelle logique. Chaque salarié cumule des droits en euros, qu’il peut utiliser directement pour financer une formation certifiante, sans passer obligatoirement par l’employeur. Cette autonomie facilite les démarches, mais limite parfois la portée des projets les plus ambitieux ou de longue durée.
Pour mieux saisir les spécificités de chaque dispositif, voici leurs fonctions principales :
- Le CIF/PTP : pour celles et ceux qui souhaitent interrompre leur activité et se réorienter vers un nouveau métier.
- Le CPF : conçu pour progresser par étapes, acquérir de nouvelles compétences, compléter une formation, à l’initiative du salarié.
- La CPIR : organisme chargé de vérifier la cohérence du projet de transition professionnelle et d’attribuer le financement.
Cette diversité oblige à étudier son projet formation avec précision : durée, pertinence, débouchés, modalités de financement. À chaque parcours sa solution, en fonction des droits disponibles, des ambitions et de la réalité du marché du travail.
Les étapes clés pour constituer un dossier Fongecif et réussir sa reconversion
Bâtir un dossier Fongecif ne s’improvise pas. Ce parcours, jalonné d’exigences, commence par une véritable introspection : réaliser un bilan de compétences aide à faire le point sur ses envies, ses acquis et à repérer les opportunités du marché. Trop souvent négligée, cette étape apporte pourtant la clarté nécessaire avant de choisir la voie à suivre.
Le choix de l’organisme de formation est ensuite déterminant. Il faut s’orienter vers des établissements certifiés, capables de proposer un programme adapté. Obtenez les devis, le contenu du cursus et le calendrier prévisionnel. À ce stade, rassemblez aussi toutes les pièces demandées : justificatifs d’emploi, attestation de l’employeur, présentation détaillée du projet, arguments sur la cohérence de la formation.
Une fois le dossier complet, il doit être transmis à la commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR) en respectant les délais, souvent trois à quatre mois avant le début de la formation. Si la formation se déroule sur le temps de travail, une autorisation d’absence de l’employeur est nécessaire. L’examen du dossier repose sur plusieurs critères : cohérence du projet, crédibilité du parcours, perspectives de retour à l’emploi ou d’évolution professionnelle.
Pour plus de clarté, voici un résumé des étapes et des documents à réunir :
| Étape | Document clé | Interlocuteur |
|---|---|---|
| Bilan de compétences | Rapport de synthèse | Prestataire habilité |
| Choix de la formation | Devis, programme | Organisme de formation |
| Dépôt du dossier | Formulaire Fongecif | CPIR |
| Autorisation d’absence | Accord écrit | Employeur |
La gestion rigoureuse des démarches administratives, du calendrier des commissions aux justificatifs, maximise les chances de voir le projet accepté. La persévérance, la préparation et la clarté du dossier font la différence pour franchir chaque étape et décrocher le financement.
Changer de cap, c’est accepter l’effort, l’incertitude et la préparation. Mais pour ceux qui s’en donnent les moyens, la porte s’ouvre sur une trajectoire professionnelle entièrement repensée. Le prochain dossier approuvé pourrait bien être le vôtre.


